La condition humaine 2.0 : Homo sapiens hyperconnecté |
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Une étude commandée par la société Nortel aurait récemment mis au jour un plus grand attachement des salariés à leur portable qu’à leur porte-monnaie, lorsqu’ils sont appelés à partir en déplacement. 16 % des 2 400 salariés interrogés dans 17 pays qualifiés d’"hyperconnectés" utilisaient quotidiennement 7 appareils différents, professionnels ou personnels, et 9 applications distinctes telles que messageries instantanées, boîtes électroniques, Webconférences, etc. Selon l’étude, la proportion pourrait monter à 40 % dans 5 ans…
Avec le développement du cyberespace, des réseaux, de la téléphonie mobile, le monde est devenu en quelques années un gigantesque océan tourmenté, envahi non plus seulement d'énergie et de matière, mais, la numérisation aidant, d'informations, de savoirs et de connaissances. Des informations, il y en a de toutes formes et de toutes sortes, brutes ou dégrossies, surexposées ou juste entreposées. Chacune a ses atomes propres : les bits. Chacune a sa possibilité d'extension moléculaire : l'hypertexte, qui permet à la mémoire de chacun de devenir la mémoire de tous. Pas un élément du réel qui ne puisse être désormais encodé, stocké, manipulé, expédié. Et pour ainsi dire, dans le même temps "virtualisé". Voici advenue le règne de l’"hyper-information". ![]() Dans Homo Sapiens 2.0 [éd. Max Milo], Gérard Ayache, spécialiste de la communication, tire des conséquences anthropologiques de ce mouvement lancé jadis sur un tout autre rythme par l’imprimerie. L’homme, qui vit de plus en plus dans l’instant [un instant mondialisé], changerait également dans son corps : "augmenté" ou "complété" qu’il est désormais par les outils technologiques que sont téléphones et ordinateurs, dont il ne peut se séparer. Cette multiplication des hyperconnectés s’opère alors que l’universalité et la diversité des savoirs disponibles aujourd’hui à travers les flux informationnels induit une collectivisation de la connaissance. Un brassage permanent d’idées, de valeurs, de cultures. Qui s’accompagne d’une sursaturation émotionnelle et, par mimétisme, d’une multiplication des stéréotypes. L’hyper-information modifie le rapport de l’individu au réel, au pouvoir, à l’information, dont il n’est plus seulement le récepteur, mais un "interacteur" opérant dans la complexité, sur un territoire allant de l’univers aux méandres du cerveau humain […].
Doit-on s’en inquiéter, comme bon nombre de scientifiques, d’enseignants ou de médias ?
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